Apormorphie / Plésiomorphie. Apomorphy/Plesiomorphy.
Dans la terminologie propre à la "systématique phylogénétique" de *Hennig (voir : Cladisme), ce couple conceptuel est utilisé pour désigner les états relatifs d'un *caractère dans une série évolutive de transformations (morphocline). Si dans une lignée évolutive un *caractère se présente d'abord à l'état 1, puis à l'état 2, l'état 1 est dit plésiomorphe (ou ancestral) par rapport à 2, et l'état 2 est dit apomorphe (ou dérivé) par rapport à 1. Si par la suite le même *caractère prend une nouvelle forme, 3, l'état 2 est plésiomorphe par rapport à 3. La présence d'un état apomorphe dans un *taxon prend le nom d'apomorphie. Symétriquement, celle d'un état plésiomorphe prend celui de plésiomorphie. La présence d'un même état apomorphe dans deux ou plusieurs taxons est nommée synapomorphie. Symétriquement, celle d'un état plésiomorphe dans deux ou plusieurs taxons est nommée symplésiomorphie. Une synapomorphie constitue un argument pour penser que les taxons concernés appartiennent à un même ensemble monophylétique, c'est-à-dire issu d'une même *espèce ancestrale (celle qui a, la première, présenté le *caractère apomorphe). En revanche, une symplésiomorphie ne traduit nullement la *monophylie.
Par exemple, la construction monodactyle de la patte du Cheval est une apomorphie que l'on retrouve chez les diverses espèces de Zèbres, l'Onagre, l'Hémippe et l'Ane, et qui signe la *monophylie de la Famille des Equidés. [Au sein de cette Famille, chaque *espèce se distingue des autres par des *caractères apomorphes qui lui sont propres : on parle alors d'autapomorphie.]
En revanche, la présence de cinq doigts aux membres de l'Homme et à ceux de l'Eléphant n'implique pas que l'Homme et l'Eléphant soient plus proches parents l'un de l'autre que des Equidés : il s'agit d'une symplésiomorphie, conservation dans deux lignées évolutives distinctes d'un *caractère probablement présent chez l'ancêtre commun à tous les Tétrapodes actuels.
Corrélats - Clade. Cladisme. Convergence/Divergence/Parallélisme.
JEAN GÉNERMONT, JEAN-PIERRE GASC